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La suppression d’une classe préparatoire aux grandes écoles fait des vagues à Reims

La suppression d’une classe préparatoire aux grandes écoles fait des vagues à Reims
Pour faire de la place à l’informatique en classe prépa, le rectorat a décidé de supprimer une classe des sciences de l’ingénieur. Les enseignants des lycées Roosevelt et Clémenceau ne sont pas tous d’accord avec ce choix du recteur.
Reims pourrait devenir la seule grande ville de France qui ne propose plus tous les choix de classes préparatoires aux grandes écoles (CPGE). C’est une crainte exprimée par les professeurs de prépa du lycée Roosevelt.
« Nous avons appris lors d’une réunion au rectorat que la nouvelle classe préparatoire consacrée à l’informatique et aux mathématiques devra fonctionner à moyens constants », relate un enseignant. « Cela aura pour conséquence de faire disparaître une classe de prépa Physique et sciences de l’ingénieur (PSI) à la rentrée prochaine. »
La création d’une filière informatique et mathématiques n’est pas contestée par les enseignants. « Cela répond à un besoin de formation. Toutes les grandes villes ont fait la même chose. Pour créer cette nouvelle prépa, le rectorat a d’abord décidé de supprimer une classe de Maths sup maths. Il y en avait trois, il en restait alors deux ». Jusque-là, les choses étaient admises. « Il y a 8 jours, le recteur nous a annoncé qu’il souhaitait recréer une 1ere année de Maths sup maths en supprimant une 2e année de PSI ». Cette dernière décision a soulevé le vent de fronde actuel.
La suppression concerne une classe PSI qui n’est pas qualifiée « étoile », la PSI « étoile » est maintenue. « Pour comprendre, il faut savoir qu’une classe de deuxième année de prépa comprend plusieurs groupes. Un groupe qu’on appelle étoile prépare les concours les plus difficiles à décrocher, l’autre groupe prépare les concours plus accessibles », explique un enseignant.
La suppression de la PSI qui n’est pas étoile entraînerait deux conséquences principales : « Les jeunes qui sont actuellement en 2e année de cette classe ne pourront pas redoubler à Reims par manque de place. Ils demandent en général à redoubler quand ils n’ont pas obtenu le concours qu’ils souhaitent ou parce qu’ils n’ont pas obtenu une école financièrement accessible pour eux ». La seconde conséquence concerne les élèves actuellement en première année qui ne pourront pas faire les choix qu’ils avaient en tête en s’orientant vers une prépa. « Cela remet en cause le parcours sécurisé, prévu par les textes, que l’on réserve aux élèves de prépa qui travaillent sérieusement. Il s’agit d’une rupture de contrat avec les étudiants », dénoncent les professeurs.
Le recteur défend ses choix
Le recteur de l’académie de Reims, Olivier Brandouy, défend ses choix. « Notre volonté était de proposer aux élèves de l’académie la nouvelle filière MP2I (mathématiques, physique, ingénierie et informatique) et MPI (mathématiques, physique et informatique) pour enrichir l’offre déjà existante. Le lycée Roosevelt a été identifié pour accueillir cette nouvelle filière, car il propose déjà l’enseignement de spécialité NSI (numérique et sciences informatiques) en classe de terminale », explique le recteur.
« Toutes les ouvertures de classe en CPGE devant se faire à moyens constants, cette ouverture a conduit à la fermeture d’une PSI (physique et sciences de l’ingénieur) au lycée Roosevelt, la PSI étoile étant maintenue », confirme-t-il.
« Cette fermeture a aussi pour but de rééquilibrer l’offre de CPGE scientifiques à Reims en orientant les élèves vers les classes de physique-chimie moins demandées. Au passage, ces classes permettent aux filles, souvent beaucoup moins enclines à s’orienter en PSI, de trouver un débouché en 2ème année de CPGE en chimie », défend M. Brandouy.
Quant au problème de l’impossibilité de redoubler pour certains élèves : « L’étude des effectifs de 1ère et 2e année de CPGE dans les deux établissements montre que les élèves qui souhaitent redoubler leur 2e année pourront le faire. Le nombre de places vacantes en 2e année le permettant », assure le recteur.
En conclusion et selon les prévisions du rectorat : « Sur les deux établissements rémois, les élèves auront toujours accès à l’ensemble des filières de CPGE scientifiques, qui seront enrichies par la filière qui inclut l’informatique . »
Source d’info: L’Union