[Mis à jour le 16 juillet 2020 à 12h46] Le 14 juillet, le président Emmanuel Macron s’est notamment exprimé sur la rentrée scolaire de septembre 2020. « La rentrée scolaire sera la plus normale possible et tous les élèves pourront être accueillis dès le 1er septembre », a affirmé le chef d’Etat. Pour autant, « s’il y avait une accélération du virus en août, on sera amené à revoir cette rentrée », n’a-t-il pas manqué d’ajouter, restant prudent. Sur l’état d’esprit de la rentrée, Emmanuel Macron a aussi précisé : « Si nous faisons bien les choses, nous aurons une rentrée des classes un peu différente, et encore plus exigeante pour rattraper le retard des mois passés ».

Quelle est la date de la rentrée scolaire de septembre 2020 ? 

Pour les élèves de la maternelle au lycée, la date de la « grande » rentrée scolaire 2020 est programmée au mardi 1er septembre 2020, et la pré-rentrée des enseignants au lundi 31 août 2020. L’année scolaire 2020-2021 prendra quant à elle officiellement fin le mardi 6 juillet 2021 au soir.

Attention, la date de rentrée est chaque année bien différente pour les élèves qui entrent à l’université et dans les autres établissements supérieurs : les personnes concernées doivent se renseigner auprès de leur structure, qui fixe elle-même la date du début des cours et le calendrier de l’année. De manière générale, la rentrée universitaire intervient entre la mi-septembre et la mi-octobre. Les congés d’été s’achèvent donc, mais les vacances reviennent vite avec pas moins de deux semaines de repos pour la Toussaint. Pour découvrir le calendrier complet de l’année en cours et savoir avec précision les dates des congés des élèves zone par zone,

Comment se profile la rentrée scolaire dans le contexte de l’épidémie de covid-19 ?

Le 15 juin sur Europe 1, le ministre de l’Education Jean-Michel Blanquer a déclaré prévoir pour la rentrée scolaire 2020-2021 (alias « rentrée de septembre ») une reprise « habituelle » et des « éléments très nouveaux, notamment pour les élèves qui en ont le plus besoin », comme :

  • « une plus grande personnalisation du parcours des élèves
  • « des évaluations en début d’année ».
  • « des aides personnalisées »

De quoi faire suite au dispositif « vacances apprenantes » de cet été, qui a pour objectif de rattraper les lacunes accumulées par les élèves décrocheurs pendant le confinement, à travers des ateliers de soutien scolaire et des activités sportives et culturelles. Sur les évaluations à la rentrée, le ministre de l’Education a précisé le 22 juin sur France Inter : « en sixième, on va avoir une évaluation particulièrement robuste dans son contenu, notamment pour le français et les mathématiques, de façon à déclencher ensuite de l’aide personnalisée ». Et d’ajouter : « C’est systématique, universel et obligatoire pour les classes de CP, CE1, sixième et seconde. Ensuite pour les autres, le professeur disposera d’outils d’évaluation qui sont partiellement renforcés dans leur richesse pour la rentrée, avec un peu plus de liberté, si je puis dire, dans leur manière de l’utiliser ». Le ministre a également évoqué « un plan ultra volontariste » contre le décrochage scolaire, un phénomène qui concerne environ 4% des élèves en France. Cela fait « autour de 500 000 élèves » selon le ministère.

Dans une interview au Monde publiée le 9 juillet, l’infectiologue Jean-François Delfraissy, qui préside le conseil scientifique depuis mars, avait quant à lui précisé : « La rentrée sera plus normale qu’au mois de juin mais avec, quand même, un certain nombre de mesures. Elles seront plus souples que celles mises en place lors de la reprise de l’école à la mi-mai, puis au mois de juin, parce que les connaissances ont évolué. On sait désormais que les enfants sont finalement davantage contaminés par les adultes qu’ils ne contaminent eux-mêmes les adultes ».

Que se passera-t-il en cas de deuxième vague ?

Selon la circulaire du 10 juillet, « Dans l’hypothèse où la situation sanitaire exigerait des mesures plus strictes, du fait d’une circulation active du virus sur tout ou partie du territoire national, un plan de continuité pédagogique sera mis en place pour assurer l’enseignement à distance ». Le document précise également : « Le ministère a élaboré un plan comprenant, outre le protocole sanitaire, le rappel des principales actions à conduire, des conseils et bonnes pratiques sur l’organisation du service et l’équipement numérique, les modalités d’activation des classes virtuelles du Cned et de ‘Ma classe à la maison’, et une sélection de ressources pédagogiques numériques à disposition des professeurs et des familles ». Le plan en question devrait être consultable dans les prochains jours.

Que sait-on sur la circulaire de rentrée scolaire ? 

Le 10 juillet dernier, le ministère de l’Education nationale a publié une circulaire qui encadre la prochaine rentrée scolaire. Comme depuis le 22 juin, il est précisé dans ce document « tous les élèves seront accueillis sur le temps scolaire ».  « Gestes barrière, hygiène des mains, port du masque pour les adultes et les élèves de plus de 11 ans lorsque les règles de distanciation ne peuvent être respectées dans les espaces clos ainsi que dans les transports scolaires, nettoyage et aération des locaux « , feront toujours partie du quotidien des établissements scolaires, énumère la circulaire. Voici les autres mesures clés évoquées dans ce document :

Evaluations pratiquées en septembre

Les élèves de primaire, collège et lycée passeront des évaluations de début d’année scolaire dès le mois de septembre, comme cela a été le cas lors des années précédentes pour les élèves de CP et de CE1. Objectif ? Evaluer les besoins des élèves après une longue période d’enseignement à distance, mais aussi repérer efficacement les élèves décrocheurs et leur fournir un accompagnement adapté.

Accompagnement renforcé de la primaire au lycée

  • Entre septembre et décembre, le ministère souhaite consacrer plus d’1,5 million d’heures supplémentaires et mobiliser l’ensemble des professeurs remplaçants disponibles pour accompagner les élèves, en particulier ceux des classes charnières (CP, 6e et seconde). La circulaire indique à ce sujet : « À l’école primaire, les heures d’activités pédagogiques complémentaires (APC) sont destinées en priorité aux élèves qui maîtrisent le moins les compétences de l’année précédente. Il en va de même au collège avec l’aide personnalisée. »
  • Toujours entre septembre et décembre, le dispositif « Devoirs Faits » sera renforcé, à raison de trois heures par semaine pour chaque élève, et 4 heures pour ceux de sixième.
  • Au lycée, l’effort d’accompagnement se porte notamment sur les élèves entrant en classe de 2de et en 1re année de CAP. Le nombre d’heures d’accompagnement est augmenté au moins jusqu’en décembre. Pour les élèves des lycées professionnels, l’enjeu est de les faire renouer avec la pratique de leur spécialité au sein d’un cadre professionnel. Les élèves de 1re et terminale, et ceux de 2e année de CAP pourront ainsi bénéficier de périodes de formation en milieu professionnel (PFMP) à partir du 7 septembre. Le ministère précise en outre : « Durant la semaine du 1er au 4 septembre, les élèves de 2de professionnelle et de 1re année de CAP bénéficient d’une période d’intégration ».

Quel protocole sanitaire est préconisé à la rentrée à l’école, au collège et au lycée ?

Dans le contexte de la lutte contre la propagation du covid-19, le Haut Conseil de la santé publique (HCSP) a publié le 15 juillet ses nouvelles recommandations sur les différentes mesures sanitaires à mettre en place à la rentrée de septembre dans les écoles, collèges et lycées. « Compte tenu de l’évolution positive de la situation sanitaire au 7 juillet 2020 », le Conseil préconise des règles plus souples, pour les élèves comme pour les enseignants.

Dans le cas d’une situation épidémique qui resterait la même qu’en juillet en France (une épidémie maîtrisée, avec quelques clusters / foyers de contamination sous contrôle), la distanciation d’un mètre ne sera plus imposée. Autrement dit, les établissements scolaires ne seront plus obligés de mettre en place à tout prix des mesures pour faire respecter « la distanciation physique individuelle la plus grande possible » dans la classe et entre groupes d’enfants. Le document du HCSP précise ainsi : « La distance physique » d’au moins un mètre « n’est plus obligatoire si » elle s’avère « impossible ou contraignante à mettre en place » ; et les établissements scolaires devront être à même de « garantir (…) l’accueil de la totalité des élèves/étudiants » comme « en période habituelle ». Toutefois, les salles de classes devront, dans la mesure du possible, être  « organisées » de façon à « permettre la plus grande distance possible entre élèves ». Si la distanciation est assouplie, le HCSP insiste sur l’importance du maintien des mesures barrières quand les règles de distanciation sociale ne peuvent être garanties (voir ci-dessous). Le Haut Conseil de la santé publique recommande également aux enseignants de se préparer à pouvoir assurer si besoin une continuité pédagogique si l’épidémie de Covid-19 reprenait à l’automne.

Port du masque 

  • il sera « systématique pour les encadrants et enseignants » des classes de primaire, collège et lycée quand ils seront « réunis entre eux (comme en salle des professeurs) ».
  •  il sera également imposé aux élèves « dès que possible ».  Sont concernés « les élèves de collège et lycée », « dès 11 ans », dans l’ensemble des espaces clos (dont les salles de classes).
  • « Lors des efforts, comme en cours d’EPS (Éducation physique et sportive), le masque est déconseillé, la distanciation physique préconisée doit alors être appliquée ».

Aération des espaces clos

  • Les sols, et petites et grandes surfaces fréquemment touchées n’ont plus à être nettoyés en détail une fois par jour : un simple nettoyage de routine devra désormais être pratiqué quotidiennement, mais il pourra être moins minutieux.
  • Il sera toujours obligatoire d’aérer de 10 à 15 minutes, au moins deux fois par jour, les espaces fermés.

Que change la réforme du lycée ?

Par ailleurs, la réforme du bac – le nouveau diplôme est pour 2021 – a des répercutions dès cette année au lycée. Les élèves qui entrent en première sont les tout premiers concernés par le nouveau bac : ils n’ont plus à opter pour une filière L, S ou ES s’ils partent en voie générale mais plutôt à choisir parmi de nombreuses spécialités en plus du tronc commun. Le contrôle continu est également intégré pour 40% à leur future note globale du bac.

Quelle forme devrait prendre la rentrée scolaire à l’université ?

A la rentrée de septembre, les étudiants pourraient bien continuer à étudier à distance, au moins en partie. Selon une circulaire publiée le 11 juin par le ministère de l’Enseignement supérieur, distanciation physique et port du masque, mais aussi application des gestes barrières en général, nettoyage des locaux et du matériel devront être appliqués au sein des établissements, campus, résidences et restaurants universitaires. « Les règlements intérieurs pourront sanctionner le non-respect de ces règles », note la circulaire. La circulaire a pris forme suite à une concertation entre conférences d’établissements, représentants des personnels du comité d’hygiène, de sécurité et des conditions de travail ministériel et ministère de la Santé. Le ministère indique par ailleurs qu’ « Elle se fonde sur l’avis du conseil scientifique Covid-19 du 2 juin » [et se base sur le scénario d’une épidémie sous contrôle, ndlr]. Et d’ajouter que « la circulaire pourra être précisée en fonction de l’évolution de la situation sanitaire ».

Distanciation physique

Le principe à respecter est celui d’une distance minimum d’1 m entre chaque personne et entre chaque espace individuel de travail, dans les salles de cours comme dans les amphithéâtres. Les établissements eux-mêmes sont chargés de déterminer les aménagements à mettre en place pour appliquer cette consigne. La circulaire suggère en outre : « En vue d’éviter les croisements dans les amphithéâtres, des consignes de circulation pourront être données (sens obligatoire, ordre de remplissage et d’évacuation des rangées…) ».

Enseignement à distance

Du fait des mesures de distanciation physique, le nombre d’étudiants que les établissements pourront accueillir risque d’être moins élevé. Le ministère souligne : « Pour cette raison, les établissements pourront être conduits à organiser à titre transitoire des enseignements en distanciel et/ou en présentiel ».

Comment les universités se préparent ?

Les facs anticipent les différents scénarios, comme l’a expliqué le service communication de l’université Toulouse-1-Capitole à Libération : « Si on ne se fie qu’à la circulaire, on s’expose au risque de ne pas avoir été assez prévenants, de ne pas avoir pris assez de précautions. Donc on va jusqu’au scénario où la situation s’aggraverait à la rentrée ». Trois situations possibles ont ainsi été envisagées par les équipes pour la rentrée de septembre :

  • Situation 1 : une rentrée normale, avec enseignement majoritairement en présentiel (et respect des mesures de distanciation sociale / mesures barrières prévues par la circulaire)
  • Situation 2 : un mix entre cours en présentiel et cours à distance. Dixit le service communication de l’université, « Par exemple, on diviserait un amphi de 600 étudiants en trois groupes : le cours serait donné à un tiers d’entre eux, et les deux autres tiers seraient en visioconférence en même temps. Il y aurait un roulement entre ces groupes. »
  • Situation 3 : un enseignement en distanciel total

A l’université Claude-Bernard-Lyon-1, afin de permettre un suivi potentiel des cours à distance par tous les étudiants, c’est une enveloppe de 3 millions d’euros qui a été proposée en conseil d’administration, rapporte le service Check News de Libération. Objectif : permettre d’aider les étudiants à acheter des ordinateurs portables et à accéder à internet de chez eux.

Circulaire sur la rentrée universitaire – Ce qu’en dit Gilles Roussel, président de la Conférence de présidents d’université, dans une interview publiée par Le Monde le 2 juillet 2020 : 

« Les circulaires ministérielles évoluent presque chaque semaine. Comprendre et mettre en œuvre ce qui est prescrit est très compliqué. La rentrée sera sur mesure. En effet, chaque établissement devra s’adapter en fonction des enseignements qu’il dispense, des locaux dont il dispose. (…) Les établissements vont prévoir plusieurs scénarios pour chaque discipline, en privilégiant un retour à la normale. Mais avec la possibilité d’un basculement vers du distanciel si une nouvelle crise l’impose ».

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